Barack Obama a ramassé trois superdelegués de Hawaii.
Chairman Brian Schatz and vice chairwoman Kari Luna supportent Obama et The national convention.
lundi 26 mai 2008
dimanche 25 mai 2008
CLINTON DERAPE SUR LA MEMOIRE DU FRERE KENNEDY
Les références à la dynastie Kennedy sont toujours très appréciées aux Etats-Unis, mais cette fois-ci, il y a peu de chance que l'héritage du président américain assassiné rejaillisse sur HILLARY CLINTON La candidate démocrate a fait une référence plus que maladroite à l'assassinat de Robert Kennedy pour justifier son maintien dans la course à l'investiture. "Mon mari n'était pas assuré d'obtenir l'investiture en 1992 jusqu'à ce qu'il remporte la primaire de Californie vers la mi-juin n'est-ce pas? On se rappelle tous de l'assassinat de Bobby Kennedy en juin en Californie", a-t-elle déclaré au cours d'une discussion avec les journalistes du Sioux Falls Argues Leader, un journal du Dakota du Sud. Robert Kennedy, le frère du président également tombé sous des balles, a été assassiné le 5 juin 1968, alors qu'il briguait l'investiture démocrate. Stupeur dans le camp démocrate et colère bien opportune de son rival BARACK OBAMA, qui se trouve sous la protection des policiers du Secret Service, le bureau fédéral chargé de la protection des personnalités, depuis le début de sa campagne. Ses partisans ont plusieurs fois évoqué leur crainte que le sénateur de l'Illinois soit assassiné comme Robert Kennedy ou le pasteur Martin Luther King, tué en avril 1968. Le porte-parole de BARACK OBAMA a condamné ces propos "malheureux", estimant qu'ils n'avaient "pas leur place dans la campagne". Deux vagues de propos "malheureux" en trois jours HILLARY CLINTON a présenté ses excuses, affirmant qu'elle ne voulait pas se montrer "offensante" et qu'elle priait pour la famille Kennedy. "J'exprime mes regrets si mes références à ce moment dramatique de notre histoire, particulièrement pour la famille Kennedy, ont pu blesser qui que ce soit", a-t-elle déclaré. Elle a également dit pour se justifier qu'elle avait été bouleversée cette semaine par les nouvelles concernant la santé du sénateur Edward Kennedy, frère cadet de John et Robert Kennedy, qui a été diagnostiqué cette semaine avec un cancer incurable du cerveau. Cependant, le magazine Time a rappelé sur son site internet que la sénatrice de New York avait tenu à peu près les mêmes propos lors d'un entretien publié par l'hebdomadaire le 6 mars dernier. "L'excuse de Mme Clinton aujourd'hui est que les Kennedy ont beaucoup occupé son esprit ces derniers jours à cause de la maladie d'Edward Kennedy, mais cela n'explique pas pourquoi elle avait cela à l'esprit il y a plus de deux mois", a commenté une journaliste de Time, Karen Tumulty. Il s'agit du deuxième "dérapage" de la candidate en moins d'une semaine : mercredi, la sénatrice de New York n'avait pas hésité à comparer l'imbroglio électoral au Michigan et en Floride, où les résultats des PRIMAIRES démocrates sont invalidés par les instances nationales, à la situation au Zimbabwe.
samedi 24 mai 2008
OBAMA ET CLINTON A PORTO RICO
Les deux rivaux dans la course à l'investiture démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, ont effectué l'un et l'autre, samedi, un déplacement de campagne à Porto Rico.
Au cours de sa visite de 24 heures, Obama, sénateur de l'Illinois, qui a un avantage décisif en termes de délégués sur sa rivale, a parcouru à pied les rues de la capitale de cet Etat hispanophone, San Juan.
Clinton devait quant à elle tenir un rassemblement politique samedi à Porto Rico et y poursuivre sa visite dimanche.
Au cours de sa visite de 24 heures, Obama, sénateur de l'Illinois, qui a un avantage décisif en termes de délégués sur sa rivale, a parcouru à pied les rues de la capitale de cet Etat hispanophone, San Juan.
Clinton devait quant à elle tenir un rassemblement politique samedi à Porto Rico et y poursuivre sa visite dimanche.
ELECTION USA 2008 : SELON CRUZ
Maison-Blanche 2008 : un show anti-démocratique par Sandro Cruz*
L’élection du président aux États-Unis, tous les quatre ans, est l’occasion d’un grand spectacle médiatique qui tient le monde en haleine. Ce système électoral fort complexe est contrôlé par l’oligarchie et donne l’illusion d’une souveraineté populaire contre laquelle il a été conçu. Thierry Meyssan répond à nos questions sur le fonctionnement méconnu de la « démocratie » made in USA.
23 mai 2008
DepuisGenève (Suisse)Outils Imprimer Envoyer
Pays États-Unis
Sandro Cruz : Les États-Unis sont en pleine campagne électorale présidentielle. Trois candidats sont en lice. Quel regard portez-vous sur eux ?
Thierry Meyssan : En premier lieu, il importe de noter qu’il n’y a pas que trois candidats à la candidature (McCain chez les républicains, Clinton et Obama chez les démocrates), car de petits partis auront aussi leurs candidats, et des indépendants peuvent se présenter dans certains États. Il y avait dix-sept candidats en 2004, alors que les médias européens n’en ont cité que trois.
En 2008, il y aura au moins un candidat libertarien, un vert et deux trotskistes (le « vrai » Roger Calero et le « faux » Brian Moore, appointé par la CIA), un prohibitionniste (le pasteur Gene Amondson), un représentant du parti des contribuables (désormais dénommé parti de la Constitution), plus un indépendant (Ralph Nader)
Toutefois, ces petits candidats ne sont pas autorisés à se présenter sur tout le territoire et ne totaliseront probablement pas 5 % des voix. Le républicain et le démocrate rafleront la mise. C’est pourquoi les médias non-US ne s’intéressent qu’à MM. McCain, Obama et Mme Clinton. Ils ont tort, car si les petits candidats n’ont pas de crédibilité pour accéder à la Maison-Blanche, leur activisme laboure la société états-unienne et influence à terme le discours politique.
Vous me demandez ce que je pense des grands candidats c’est-à-dire ce que cela changera dans la politique des États-Unis si c’est l’un plutôt que l’autre qui est élu. Je pense que vous posez la question à l’envers. Vous conviendrez que l’actuel président, George W. Bush, n’a pas les capacités pour gouverner. C’est une marionnette derrière laquelle se cache le vrai pouvoir. Et si la politique des États-Unis ne se décide pas aujourd’hui dans le Bureau ovale, pourquoi voulez-vous qu’il en soit autrement l’an prochain ?
L’oligarchie est maintenant face à un dilemme : 1. Soit continuer la politique coloniale actuelle ; 2. Soit revenir à une forme d’impérialisme plus présentable. Compte tenu de l’emballement de la crise financière et des échecs militaires, la poursuite de l’aventurisme peut conduire à la chute, mais aussi, pourquoi revenir en arrière quand on n’y est pas directement forcé ?
Si McCain correspond au premier terme de l’alternative et Obama au second, Clinton peut s’adapter à l’un comme à l’autre. C’est le sens de son maintien dans la course alors qu’elle aurait dû jeter l’éponge depuis longtemps. En réalité, après des mois de luttes intestines, l’oligarchie états-unienne vient de choisir. Comme on le voit avec les négociations en cours et divers accords de paix au Pakistan, en Irak, au Liban, en Syrie et en Palestine, elle a renoncé au « clash des civilisations » et au « remodelage du Grand Moyen-Orient ».
Obama offre deux qualités : d’une part, il a fait campagne sur le thème du changement et peut donc facilement incarner un renouveau en politique étrangère ; d’autre part, l’oligarchie majoritairement blanche préfère laisser à un noir la responsabilité d’annoncer la faillite du pays et d’affronter les inévitables révoltes sociales qui suivront.
Sandro Cruz : Pouvez-vous nous expliquer maintenant comment fonctionne ce scrutin ? Ce système électoral ?
Thierry Meyssan : C’est un casse-tête que l’immense majorité des citoyens ne comprend pas. Dès la fondation des États-Unis, les choses ont été volontairement embrouillées et elles ont été complexifiées avec le temps. La Constitution des États-Unis a été conçue en réaction à la Déclaration d’indépendance. Il s’agissait d’arrêter un processus potentiellement révolutionnaire et de créer une oligarchie nationale qui se substitue à l’aristocratie britannique. Alexander Hamilton —le principal père de la Constitution— a imaginé un système pour empêcher toute forme de souveraineté populaire : le fédéralisme.
Ce mot est équivoque. Dans la vieille Europe, on l’utilise pour désigner une forme d’union politique démocratique qui respecte les identités particulières et maintient des souverainetés partielles. On pense à la Confédération helvétique par exemple. Hamilton, quant à lui, a pensé le système non de bas en haut, mais de haut en bas. Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. C’est cette ambigüité qui est l’origine de la Guerre de Sécession (laquelle je vous le rappelle n’a aucun rapport avec l’esclavage qui a été aboli par le Nord au cours de la guerre pour enrôler les noirs en masse). (…)
Sandro Cruz : Ne nous emballons pas, je vous arrête-là… Effectivement ce système est d’une grande complexité et nous devons aller doucement pour bien décortiquer la chose. J’aimerais que cette interview reste aussi un manuel pour les profanes. Vous venez de dire qu’ : « Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. » J’ai de la peine à saisir la deuxième partie de votre phrase. Tout de même, il y a quelqu’un à la tête de ces États. Et ce quelqu’un vient d’une communauté locale. Alors, qui détient le pouvoir politique dans ces États ? Est-ce que à ce niveau il y a une vrai choix démocratique ?
Thierry Meyssan : Alexander Hamilton était obsédé par sa hantise de la « populace » et sa volonté de créer une oligarchie états-unienne équivalente à la gentry britannique. Au cours du temps, son courant politique a imaginé toutes sortes de verrous pour tenir le peuple loin de la politique.
Comme toujours, chaque État dispose de ses propres lois. D’une manière générale, elles visent à limiter la possibilité de créer un parti politique et de présenter des candidats aux diverses élections. Dans la plupart des scrutins locaux, il est interdit de se présenter sans l’investiture d’un parti et il est impossible en pratique de créer un nouveau parti.
Le système le plus caricatural est celui du New Jersey où il faut réunir 10 % des électeurs pour pouvoir créer un nouveau parti, une condition que chacun sait irréalisable et qui interdit définitivement aux petits partis états-uniens de disposer d’une section au New Jersey.
C’est un système entièrement fermé sur lui-même dans lequel, au final, la vie politique a été confisquée par les responsables des deux grands partis au niveau de chaque État. Il est impensable de pouvoir jouer un rôle si l’on n’est pas au préalable coopté par ces gens là.
Je reviens à l’élection présidentielle. Alexander Hamilton a donné le pouvoir aux États fédérés. Ils désignent des grands électeurs, dont le nombre est fixé en fonction de leur population. Ce sont ces grands électeurs qui élisent le président des États-Unis, pas les citoyens. Au XVIIIe siècle, aucun État ne consultait sa population à ce sujet, aujourd’hui chaque État procède à une consultation. Lorsqu’en 2000, Al Gore a saisi la Cour suprême à propos de la fraude électorale en Floride, la Cour a rappelé la Constitution : c’est le gouverneur de Floride qui désigne les grands électeurs, pas la population de la Floride, et les problèmes intérieurs de la Floride ne regardent pas Washington.
Comprenez bien : les États-Unis ne sont pas, n’ont jamais été et ne veulent pas, être un État démocratique. C’est un système oligarchique qui accorde une grande importance à l’opinion publique pour se prémunir d’une révolution. À de très rares exceptions, comme Jessie Jackson, aucun politicien US ne demande de réforme de la Constitution et de reconnaissance de la souveraineté populaire. C’est pourquoi il est particulièrement plaisant d’entendre M. Bush annoncer qu’il va « démocratiser » le monde en général et le Grand Moyen-Orient en particulier.
Sandro Cruz : Précisez s’il vous plaît, électeurs et grand électeurs sont-ils les mêmes personnages ? Les mêmes cadres du parti ?
Thierry Meyssan : : Non, non. Il y a une confusion qui provient du langage. Dans un système à deux degrés, la terminologie des sciences politiques distingue les électeurs de base, des grands électeurs. Mais aux États-Unis, le mot « électeur » ne s’applique qu’aux grands électeurs, car dans les premières décennies des États-Unis, le peuple ne participait pas aux consultations électorales.
Ainsi, le président des États-Unis est élu par un « Collège électoral » de 538 membres. Chaque État dispose d’autant de grands électeurs qu’il a de sièges de parlementaires (députés et sénateurs) au Congrés. Les colonies, comme Porto Rico ou l’ile de Guam sont exclues du processus.
Chaque État choisit ses propres règles pour désigner ses grands électeurs. Dans la pratique, elles tendent à s’harmoniser. Aujourd’hui, tous les États —sauf le Maine et le Nebraska qui ont inventé des systèmes complexes— considèrent que les grands électeurs représentent la majorité de leur population.
Dans le cas où les grands électeurs ne parviendraient pas à dégager une majorité et que l’on aurait deux candidats ex-aequo, c’est la Chambre des représentants qui élirait le président et le Sénat qui élirait le vice-président.
Sandro Cruz : Les primaires permettent-elles ou non aux électeurs de choisir les candidats ? Quel est le rôle des super-délégués ?
Thierry Meyssan : Les primaires et des conventions ont deux objectifs. En interne, elles permettent de tâter le pouls de l’opinion publique et d’évaluer ce que l’on peut lui infliger. En externe, elles donnent au reste du monde l’illusion que cette oligarchie est une démocratie.
On croit souvent que les primaires permettent d’éviter les combines d’état-major et de laisser les militants de base des grands partis choisir leur candidat. Pas du tout. Les primaires ne sont pas organisées par les partis politiques, mais par l’État local ! Elles sont conçues, dans la lignée d’Hamilton, pour garantir le contrôle oligarchique du système et barrer la route aux candidatures dissidentes.
Chaque État a ses propres règles pour désigner ses délégués aux Conventions fédérales des partis. Il y a six méthodes principales, plus des méthodes mixtes. Parfois, il faut être encarté au parti pour voter, parfois les sympathisants peuvent voter avec les militants, parfois tous les citoyens peuvent voter aux primaires des deux partis, parfois ils peuvent tous voter mais uniquement à la primaire du parti de leur choix, parfois les deux partis tiennent une primaire commune à un tour, d’autres fois encore à deux tours, Toutes les combinaisons de ces méthodes sont possibles. Chaque primaire, dans chaque État, a donc un sens différent.
Et puis il y a des États qui n’ont pas de primaires, mais des caucus. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins distincts dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales. C’est très exactement le système du prétendu « centralisme démocratique » cher aux Staliniens.
Traditionnellement, ce cirque commence en février et dure six mois, mais cette année le parti démocrate a modifié son calendrier. Il a avancé le début et voulu répartir les dates pour faire durer le plaisir presque une année complète. Cette décision unilatérale n’a pas été facile à mettre en œuvre et a provoqué beaucoup de désordre car, je le répète, les primaires et caucus ne sont par organisés par les partis, mais par les États.
À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les super-délégués. Lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres de droit, c’est-à-dire des notables et des apparatchiks. Les super-délégués représentent l’oligarchie et sont suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et causus. Ils seront environ 20 % à la convention démocrate et presque 25 % à la convention républicaine (mais là ce ne sera qu’une formalité puisque McCain reste le seul en lice).
Sandro Cruz : À quoi servent les primaires et caucus par État ? Comment doit-on les interpréter ?
Thierry Meyssan : Je viens de vous le démontrer, ils ne servent à rien. Tout au moins pour ce qui concerne la désignation des candidats. Par contre, ce grand show permet de réduire la conscience politique des États-Uniens à presque zéro. Les grands médias nous tiennent en haleine en comptabilisant les délégués et les dons. On parle désormais de la « course » à la Maison-Blanche et de records, comme s’il s’agissait d’un téléthon ou de la Star Academy.
On maintient artificiellement un « suspens » pour capter l’attention des foules et marteler le plus grand nombre de fois possible un message. Avez vous observé le nombre de fois où les grands médias nous ont annoncé que ce mardi serait décisif ? Mais à chaque fois, un résultat inexplicable permet au candidat en difficulté de rebondir pour que le show continue. En réalité, le spectacle est truqué. Dans 17 États, des machines à voter ont été installées sans aucune possibilité de vérification des résultats électroniques [1]. Autant ne pas voter du tout et laisser les organisateurs se débrouiller tout seuls pour inventer les résultats.
Tout cela s’accompagne de messages subliminaux douteux. Par exemple, McCain a choisi comme slogan la « défense de la liberté et de la dignité ». Ce qu’il explicite comme la liberté religieuse et l’abolition de l’esclavage. On a quand même du mal à croire que ce soit là les préoccupations premières des citoyens de base. À qui s’adresse donc ce slogan ? Mme Clinton affiche : « Chacun a une place ». Elle veut dire que, si elle était au pouvoir, personne ne serait laissé sur le bord du chemin. Mais cela signifie aussi que les gens doivent rester à leur place et qu’ils ne doivent pas s’aviser d’en changer et se de mêler des affaires de l’oligarchie. Obama, quant à lui, apparaît avec le slogan « Change » écrit sur son pupitre. Cela veut dire que les États-Unis ont besoin de changement, mais cela fait aussi bureau de change. Le mot « change » en anglais désigne la monnaie que l’on rend. En pleine crise financière, c’est assez distrayant.
Sandro Cruz : Dans un article récent [2], vous avez écrit que le président des États-Unis est toujours l’homme du complexe militaro-industriel. Dans cette optique, pensez-vous que John McCain sera élu ?
Thierry Meyssan : Là encore, vous posez la question à l’envers. Les trois principaux candidats en lice sont en train de multiplier les signes d’allégeance au complexe militaro-industriel. C’est une mise aux enchères dans laquelle McCain n’a effectivement pas besoin de faire ses preuves, mais où ses concurrents ne sont pas en reste. Ainsi, nous avons entendu Obama se proposer pour bombarder le Pakistan et, il y a quelques jours, nous avons vu Clinton menacer l’Iran d’être « enlevé » de la carte par le feu nucléaire. Qui peut dire mieux ?
Après des mois de campagne, ces trois candidats sont arrivés à un consensus absolu sur les principaux points de politique étrangère et de défense : Ils considèrent que la défense d’Israël est un objectif stratégique des États-Unis ; ils n’ont aucun plan de sortie d’Irak ; ils présentent l’Iran et le Hezbollah libanais comme une menace majeure pour la stabilité internationale.
Cependant, il existe une différence entre ces candidats et elle correspond au débat qui vient de se clore au sein du complexe militaro-industriel. McCain et son conseiller Kissinger soutiennent le principe de l’affrontement direct tandis qu’Obama et son conseiller Brzezinski proposent la domination par proxies interposés. Clinton et sa conseillère Albright incarnent un impérialisme normatif qui n’est plus de mise. J’écris souvent sur Voltairenet.org à propos de ce débat stratégique (notamment au moment du rapport des agences de renseignement sur l’Iran [3] et de la démission de l’amiral Fallon [4]) et c’est de lui que dépend la désignation du prochain président.
Dans l’article que vous citez, j’ai noté que Clinton n’avait pas la confiance du complexe militaro-industriel. Je n’ai pas changé d’avis. Sa thématique n’intéresse plus l’industrie d’armement. Et ses contorsions, qu’il s’agisse de sa fréquentation secrète de la Fellowship Foundation ou de ses déclarations maximalistes sur l’Iran, n’y changeront rien. Au moment où vous m’interrogez, dire que « Clinton est cuite » n’est pas original, c’était le titre d’un quotidien new-yorkais la semaine dernière. Mais je l’ai écris alors que la presse européenne la portait encore au pinacle.
Ne nous laissons pas submerger par les problématiques que nous imposent les grands médias. Savoir si les États-Unis vont maintenir avec McCain 100 000 GI et 200 000 mercenaires en Irak ou s’ils vont avec Obama diminuer le nombre de GI’s et augmenter celui des mercenaires ne change pas grand chose. La vraie question, c’est de savoir si les États-Unis ont encore les moyens de leurs ambitions et peuvent gouverner le monde —comme les néoconservateurs persistent à la prétendre— ou s’ils sont minés de l’intérieur et doivent abandonner leur rêve impérial pour éviter l’effondrement —comme l’a déjà expliqué la Commission Baker-Hamilton—. Or, la vertigineuse baisse du dollar a sonné la fin de l’empire. Il fallait 8 dollars, pour acheter un baril de pétrole il y a dix ans. Il en faut 135 aujourd’hui et il en faudra probablement 200 dans deux mois. En outre, la débandade des milices du clan Hariri, qui ont pris la fuite et abandonné le terrain au Hezbollah en quelques heures en jetant leurs armes dans les poubelles, montre qu’il n’est plus possible de sous-traiter la police de l’empire.
Dans ces conditions, McCain n’offre plus aucun intérêt pour l’oligarchie. Obama et Brzezinski sont les seuls porteurs d’un projet alternatif : sauver l’empire en privilégiant l’action secrète (peu onéreuse) sur la guerre (trop coûteuse).
Sandro Cruz : Effectivement, c’est très étonnant de voir que Barak Obama qui dit vouloir un changement dans la société états-unienne ait choisi comme conseiller Brzezinski, quand on sait que ce dernier est un idéologue qui s’est impliqué dans des opérations secrètes sordides, des coup d’États, des sabotages divers et d’autres actions criminelles.
Thierry Meyssan : : J’ai rencontré Zbignew Brzezinski [5], il y a trois semaines [6], je l’ai entendu développer un discours déjà parfaitement rodé du renouveau US. Il a condamné tous les excès visibles de la politique bushienne, de Guantanamo à l’Irak, et habilement rappelé ses succès contre l’Union soviétique.
Cependant je ne pense pas que le prochain président des États-Unis aura le loisir de mettre en œuvre une nouvelle « grande stratégie ». Il est déjà trop tard. Barak Obama sera confronté à la cessation de paiement de plusieurs États fédérés, qui ne pourront plus verser les salaires de leurs fonctionnaires, ni assurer les services publics [7]. Il sera trop occupé par le chaos intérieur pour réaliser les plans de Brzezinski.
Sandro CruzVice-président du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI).
L’élection du président aux États-Unis, tous les quatre ans, est l’occasion d’un grand spectacle médiatique qui tient le monde en haleine. Ce système électoral fort complexe est contrôlé par l’oligarchie et donne l’illusion d’une souveraineté populaire contre laquelle il a été conçu. Thierry Meyssan répond à nos questions sur le fonctionnement méconnu de la « démocratie » made in USA.
23 mai 2008
DepuisGenève (Suisse)Outils Imprimer Envoyer
Pays États-Unis
Sandro Cruz : Les États-Unis sont en pleine campagne électorale présidentielle. Trois candidats sont en lice. Quel regard portez-vous sur eux ?
Thierry Meyssan : En premier lieu, il importe de noter qu’il n’y a pas que trois candidats à la candidature (McCain chez les républicains, Clinton et Obama chez les démocrates), car de petits partis auront aussi leurs candidats, et des indépendants peuvent se présenter dans certains États. Il y avait dix-sept candidats en 2004, alors que les médias européens n’en ont cité que trois.
En 2008, il y aura au moins un candidat libertarien, un vert et deux trotskistes (le « vrai » Roger Calero et le « faux » Brian Moore, appointé par la CIA), un prohibitionniste (le pasteur Gene Amondson), un représentant du parti des contribuables (désormais dénommé parti de la Constitution), plus un indépendant (Ralph Nader)
Toutefois, ces petits candidats ne sont pas autorisés à se présenter sur tout le territoire et ne totaliseront probablement pas 5 % des voix. Le républicain et le démocrate rafleront la mise. C’est pourquoi les médias non-US ne s’intéressent qu’à MM. McCain, Obama et Mme Clinton. Ils ont tort, car si les petits candidats n’ont pas de crédibilité pour accéder à la Maison-Blanche, leur activisme laboure la société états-unienne et influence à terme le discours politique.
Vous me demandez ce que je pense des grands candidats c’est-à-dire ce que cela changera dans la politique des États-Unis si c’est l’un plutôt que l’autre qui est élu. Je pense que vous posez la question à l’envers. Vous conviendrez que l’actuel président, George W. Bush, n’a pas les capacités pour gouverner. C’est une marionnette derrière laquelle se cache le vrai pouvoir. Et si la politique des États-Unis ne se décide pas aujourd’hui dans le Bureau ovale, pourquoi voulez-vous qu’il en soit autrement l’an prochain ?
L’oligarchie est maintenant face à un dilemme : 1. Soit continuer la politique coloniale actuelle ; 2. Soit revenir à une forme d’impérialisme plus présentable. Compte tenu de l’emballement de la crise financière et des échecs militaires, la poursuite de l’aventurisme peut conduire à la chute, mais aussi, pourquoi revenir en arrière quand on n’y est pas directement forcé ?
Si McCain correspond au premier terme de l’alternative et Obama au second, Clinton peut s’adapter à l’un comme à l’autre. C’est le sens de son maintien dans la course alors qu’elle aurait dû jeter l’éponge depuis longtemps. En réalité, après des mois de luttes intestines, l’oligarchie états-unienne vient de choisir. Comme on le voit avec les négociations en cours et divers accords de paix au Pakistan, en Irak, au Liban, en Syrie et en Palestine, elle a renoncé au « clash des civilisations » et au « remodelage du Grand Moyen-Orient ».
Obama offre deux qualités : d’une part, il a fait campagne sur le thème du changement et peut donc facilement incarner un renouveau en politique étrangère ; d’autre part, l’oligarchie majoritairement blanche préfère laisser à un noir la responsabilité d’annoncer la faillite du pays et d’affronter les inévitables révoltes sociales qui suivront.
Sandro Cruz : Pouvez-vous nous expliquer maintenant comment fonctionne ce scrutin ? Ce système électoral ?
Thierry Meyssan : C’est un casse-tête que l’immense majorité des citoyens ne comprend pas. Dès la fondation des États-Unis, les choses ont été volontairement embrouillées et elles ont été complexifiées avec le temps. La Constitution des États-Unis a été conçue en réaction à la Déclaration d’indépendance. Il s’agissait d’arrêter un processus potentiellement révolutionnaire et de créer une oligarchie nationale qui se substitue à l’aristocratie britannique. Alexander Hamilton —le principal père de la Constitution— a imaginé un système pour empêcher toute forme de souveraineté populaire : le fédéralisme.
Ce mot est équivoque. Dans la vieille Europe, on l’utilise pour désigner une forme d’union politique démocratique qui respecte les identités particulières et maintient des souverainetés partielles. On pense à la Confédération helvétique par exemple. Hamilton, quant à lui, a pensé le système non de bas en haut, mais de haut en bas. Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. C’est cette ambigüité qui est l’origine de la Guerre de Sécession (laquelle je vous le rappelle n’a aucun rapport avec l’esclavage qui a été aboli par le Nord au cours de la guerre pour enrôler les noirs en masse). (…)
Sandro Cruz : Ne nous emballons pas, je vous arrête-là… Effectivement ce système est d’une grande complexité et nous devons aller doucement pour bien décortiquer la chose. J’aimerais que cette interview reste aussi un manuel pour les profanes. Vous venez de dire qu’ : « Il n’a pas fédéré des communautés locales pour créer un État, mais il a divisé l’État en utilisant des communautés locales. » J’ai de la peine à saisir la deuxième partie de votre phrase. Tout de même, il y a quelqu’un à la tête de ces États. Et ce quelqu’un vient d’une communauté locale. Alors, qui détient le pouvoir politique dans ces États ? Est-ce que à ce niveau il y a une vrai choix démocratique ?
Thierry Meyssan : Alexander Hamilton était obsédé par sa hantise de la « populace » et sa volonté de créer une oligarchie états-unienne équivalente à la gentry britannique. Au cours du temps, son courant politique a imaginé toutes sortes de verrous pour tenir le peuple loin de la politique.
Comme toujours, chaque État dispose de ses propres lois. D’une manière générale, elles visent à limiter la possibilité de créer un parti politique et de présenter des candidats aux diverses élections. Dans la plupart des scrutins locaux, il est interdit de se présenter sans l’investiture d’un parti et il est impossible en pratique de créer un nouveau parti.
Le système le plus caricatural est celui du New Jersey où il faut réunir 10 % des électeurs pour pouvoir créer un nouveau parti, une condition que chacun sait irréalisable et qui interdit définitivement aux petits partis états-uniens de disposer d’une section au New Jersey.
C’est un système entièrement fermé sur lui-même dans lequel, au final, la vie politique a été confisquée par les responsables des deux grands partis au niveau de chaque État. Il est impensable de pouvoir jouer un rôle si l’on n’est pas au préalable coopté par ces gens là.
Je reviens à l’élection présidentielle. Alexander Hamilton a donné le pouvoir aux États fédérés. Ils désignent des grands électeurs, dont le nombre est fixé en fonction de leur population. Ce sont ces grands électeurs qui élisent le président des États-Unis, pas les citoyens. Au XVIIIe siècle, aucun État ne consultait sa population à ce sujet, aujourd’hui chaque État procède à une consultation. Lorsqu’en 2000, Al Gore a saisi la Cour suprême à propos de la fraude électorale en Floride, la Cour a rappelé la Constitution : c’est le gouverneur de Floride qui désigne les grands électeurs, pas la population de la Floride, et les problèmes intérieurs de la Floride ne regardent pas Washington.
Comprenez bien : les États-Unis ne sont pas, n’ont jamais été et ne veulent pas, être un État démocratique. C’est un système oligarchique qui accorde une grande importance à l’opinion publique pour se prémunir d’une révolution. À de très rares exceptions, comme Jessie Jackson, aucun politicien US ne demande de réforme de la Constitution et de reconnaissance de la souveraineté populaire. C’est pourquoi il est particulièrement plaisant d’entendre M. Bush annoncer qu’il va « démocratiser » le monde en général et le Grand Moyen-Orient en particulier.
Sandro Cruz : Précisez s’il vous plaît, électeurs et grand électeurs sont-ils les mêmes personnages ? Les mêmes cadres du parti ?
Thierry Meyssan : : Non, non. Il y a une confusion qui provient du langage. Dans un système à deux degrés, la terminologie des sciences politiques distingue les électeurs de base, des grands électeurs. Mais aux États-Unis, le mot « électeur » ne s’applique qu’aux grands électeurs, car dans les premières décennies des États-Unis, le peuple ne participait pas aux consultations électorales.
Ainsi, le président des États-Unis est élu par un « Collège électoral » de 538 membres. Chaque État dispose d’autant de grands électeurs qu’il a de sièges de parlementaires (députés et sénateurs) au Congrés. Les colonies, comme Porto Rico ou l’ile de Guam sont exclues du processus.
Chaque État choisit ses propres règles pour désigner ses grands électeurs. Dans la pratique, elles tendent à s’harmoniser. Aujourd’hui, tous les États —sauf le Maine et le Nebraska qui ont inventé des systèmes complexes— considèrent que les grands électeurs représentent la majorité de leur population.
Dans le cas où les grands électeurs ne parviendraient pas à dégager une majorité et que l’on aurait deux candidats ex-aequo, c’est la Chambre des représentants qui élirait le président et le Sénat qui élirait le vice-président.
Sandro Cruz : Les primaires permettent-elles ou non aux électeurs de choisir les candidats ? Quel est le rôle des super-délégués ?
Thierry Meyssan : Les primaires et des conventions ont deux objectifs. En interne, elles permettent de tâter le pouls de l’opinion publique et d’évaluer ce que l’on peut lui infliger. En externe, elles donnent au reste du monde l’illusion que cette oligarchie est une démocratie.
On croit souvent que les primaires permettent d’éviter les combines d’état-major et de laisser les militants de base des grands partis choisir leur candidat. Pas du tout. Les primaires ne sont pas organisées par les partis politiques, mais par l’État local ! Elles sont conçues, dans la lignée d’Hamilton, pour garantir le contrôle oligarchique du système et barrer la route aux candidatures dissidentes.
Chaque État a ses propres règles pour désigner ses délégués aux Conventions fédérales des partis. Il y a six méthodes principales, plus des méthodes mixtes. Parfois, il faut être encarté au parti pour voter, parfois les sympathisants peuvent voter avec les militants, parfois tous les citoyens peuvent voter aux primaires des deux partis, parfois ils peuvent tous voter mais uniquement à la primaire du parti de leur choix, parfois les deux partis tiennent une primaire commune à un tour, d’autres fois encore à deux tours, Toutes les combinaisons de ces méthodes sont possibles. Chaque primaire, dans chaque État, a donc un sens différent.
Et puis il y a des États qui n’ont pas de primaires, mais des caucus. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins distincts dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales. C’est très exactement le système du prétendu « centralisme démocratique » cher aux Staliniens.
Traditionnellement, ce cirque commence en février et dure six mois, mais cette année le parti démocrate a modifié son calendrier. Il a avancé le début et voulu répartir les dates pour faire durer le plaisir presque une année complète. Cette décision unilatérale n’a pas été facile à mettre en œuvre et a provoqué beaucoup de désordre car, je le répète, les primaires et caucus ne sont par organisés par les partis, mais par les États.
À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les super-délégués. Lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres de droit, c’est-à-dire des notables et des apparatchiks. Les super-délégués représentent l’oligarchie et sont suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et causus. Ils seront environ 20 % à la convention démocrate et presque 25 % à la convention républicaine (mais là ce ne sera qu’une formalité puisque McCain reste le seul en lice).
Sandro Cruz : À quoi servent les primaires et caucus par État ? Comment doit-on les interpréter ?
Thierry Meyssan : Je viens de vous le démontrer, ils ne servent à rien. Tout au moins pour ce qui concerne la désignation des candidats. Par contre, ce grand show permet de réduire la conscience politique des États-Uniens à presque zéro. Les grands médias nous tiennent en haleine en comptabilisant les délégués et les dons. On parle désormais de la « course » à la Maison-Blanche et de records, comme s’il s’agissait d’un téléthon ou de la Star Academy.
On maintient artificiellement un « suspens » pour capter l’attention des foules et marteler le plus grand nombre de fois possible un message. Avez vous observé le nombre de fois où les grands médias nous ont annoncé que ce mardi serait décisif ? Mais à chaque fois, un résultat inexplicable permet au candidat en difficulté de rebondir pour que le show continue. En réalité, le spectacle est truqué. Dans 17 États, des machines à voter ont été installées sans aucune possibilité de vérification des résultats électroniques [1]. Autant ne pas voter du tout et laisser les organisateurs se débrouiller tout seuls pour inventer les résultats.
Tout cela s’accompagne de messages subliminaux douteux. Par exemple, McCain a choisi comme slogan la « défense de la liberté et de la dignité ». Ce qu’il explicite comme la liberté religieuse et l’abolition de l’esclavage. On a quand même du mal à croire que ce soit là les préoccupations premières des citoyens de base. À qui s’adresse donc ce slogan ? Mme Clinton affiche : « Chacun a une place ». Elle veut dire que, si elle était au pouvoir, personne ne serait laissé sur le bord du chemin. Mais cela signifie aussi que les gens doivent rester à leur place et qu’ils ne doivent pas s’aviser d’en changer et se de mêler des affaires de l’oligarchie. Obama, quant à lui, apparaît avec le slogan « Change » écrit sur son pupitre. Cela veut dire que les États-Unis ont besoin de changement, mais cela fait aussi bureau de change. Le mot « change » en anglais désigne la monnaie que l’on rend. En pleine crise financière, c’est assez distrayant.
Sandro Cruz : Dans un article récent [2], vous avez écrit que le président des États-Unis est toujours l’homme du complexe militaro-industriel. Dans cette optique, pensez-vous que John McCain sera élu ?
Thierry Meyssan : Là encore, vous posez la question à l’envers. Les trois principaux candidats en lice sont en train de multiplier les signes d’allégeance au complexe militaro-industriel. C’est une mise aux enchères dans laquelle McCain n’a effectivement pas besoin de faire ses preuves, mais où ses concurrents ne sont pas en reste. Ainsi, nous avons entendu Obama se proposer pour bombarder le Pakistan et, il y a quelques jours, nous avons vu Clinton menacer l’Iran d’être « enlevé » de la carte par le feu nucléaire. Qui peut dire mieux ?
Après des mois de campagne, ces trois candidats sont arrivés à un consensus absolu sur les principaux points de politique étrangère et de défense : Ils considèrent que la défense d’Israël est un objectif stratégique des États-Unis ; ils n’ont aucun plan de sortie d’Irak ; ils présentent l’Iran et le Hezbollah libanais comme une menace majeure pour la stabilité internationale.
Cependant, il existe une différence entre ces candidats et elle correspond au débat qui vient de se clore au sein du complexe militaro-industriel. McCain et son conseiller Kissinger soutiennent le principe de l’affrontement direct tandis qu’Obama et son conseiller Brzezinski proposent la domination par proxies interposés. Clinton et sa conseillère Albright incarnent un impérialisme normatif qui n’est plus de mise. J’écris souvent sur Voltairenet.org à propos de ce débat stratégique (notamment au moment du rapport des agences de renseignement sur l’Iran [3] et de la démission de l’amiral Fallon [4]) et c’est de lui que dépend la désignation du prochain président.
Dans l’article que vous citez, j’ai noté que Clinton n’avait pas la confiance du complexe militaro-industriel. Je n’ai pas changé d’avis. Sa thématique n’intéresse plus l’industrie d’armement. Et ses contorsions, qu’il s’agisse de sa fréquentation secrète de la Fellowship Foundation ou de ses déclarations maximalistes sur l’Iran, n’y changeront rien. Au moment où vous m’interrogez, dire que « Clinton est cuite » n’est pas original, c’était le titre d’un quotidien new-yorkais la semaine dernière. Mais je l’ai écris alors que la presse européenne la portait encore au pinacle.
Ne nous laissons pas submerger par les problématiques que nous imposent les grands médias. Savoir si les États-Unis vont maintenir avec McCain 100 000 GI et 200 000 mercenaires en Irak ou s’ils vont avec Obama diminuer le nombre de GI’s et augmenter celui des mercenaires ne change pas grand chose. La vraie question, c’est de savoir si les États-Unis ont encore les moyens de leurs ambitions et peuvent gouverner le monde —comme les néoconservateurs persistent à la prétendre— ou s’ils sont minés de l’intérieur et doivent abandonner leur rêve impérial pour éviter l’effondrement —comme l’a déjà expliqué la Commission Baker-Hamilton—. Or, la vertigineuse baisse du dollar a sonné la fin de l’empire. Il fallait 8 dollars, pour acheter un baril de pétrole il y a dix ans. Il en faut 135 aujourd’hui et il en faudra probablement 200 dans deux mois. En outre, la débandade des milices du clan Hariri, qui ont pris la fuite et abandonné le terrain au Hezbollah en quelques heures en jetant leurs armes dans les poubelles, montre qu’il n’est plus possible de sous-traiter la police de l’empire.
Dans ces conditions, McCain n’offre plus aucun intérêt pour l’oligarchie. Obama et Brzezinski sont les seuls porteurs d’un projet alternatif : sauver l’empire en privilégiant l’action secrète (peu onéreuse) sur la guerre (trop coûteuse).
Sandro Cruz : Effectivement, c’est très étonnant de voir que Barak Obama qui dit vouloir un changement dans la société états-unienne ait choisi comme conseiller Brzezinski, quand on sait que ce dernier est un idéologue qui s’est impliqué dans des opérations secrètes sordides, des coup d’États, des sabotages divers et d’autres actions criminelles.
Thierry Meyssan : : J’ai rencontré Zbignew Brzezinski [5], il y a trois semaines [6], je l’ai entendu développer un discours déjà parfaitement rodé du renouveau US. Il a condamné tous les excès visibles de la politique bushienne, de Guantanamo à l’Irak, et habilement rappelé ses succès contre l’Union soviétique.
Cependant je ne pense pas que le prochain président des États-Unis aura le loisir de mettre en œuvre une nouvelle « grande stratégie ». Il est déjà trop tard. Barak Obama sera confronté à la cessation de paiement de plusieurs États fédérés, qui ne pourront plus verser les salaires de leurs fonctionnaires, ni assurer les services publics [7]. Il sera trop occupé par le chaos intérieur pour réaliser les plans de Brzezinski.
Sandro CruzVice-président du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI).
usa2008
ELECTION PRESIDENTIELLE AMERICAINE 2008
A. CANDIDATS
DEMOCRATES
1. HILLARY CLINTON
2. BARACK OBAMA
REPUBLICAINS
1. JOHN MAcCAIN
B. RESULTATS
DEMOCRATES
OBAMA
CLINTON
REPUBLICAINS
MAcCAIN
C. PROCHAINES ETAPES
PUERTO RICO
DAKOTA DU SUD
MONTANA
D. DEPECHES
Hillary Clinton s'excuse après avoir invoqué l'assassinat de Bobby Kennedy pour justifier son maintien
Par Devlin Barrett AP - Samedi 24 mai, 09h43
SIOUX FALLS, South Dakota - Hillary Clinton a réaffirmé vendredi qu'elle restait en lice pour l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre et écarté l'idée de briguer la vice-présidence aux côtés de Barack Obama. Mais la sénatrice de New York a aussi dû présenter rapidement ses excuses, après avoir invoqué l'assassinat de Bobby Kennedy pour justifier son maintien.
"Je regrette si ma référence à ce moment traumatisant pour notre pays tout entier -et en particulier pour la famille Kennedy- a blessé de quelque façon que ce soit. Je n'en avais certainement pas l'intention", a-t-elle rectifié.
En campagne à Sioux Falls, avant la primaire du 3 juin prochain dans le Dakota du Sud, Hillary Clinton a mentionné Robert F. Kennedy, assassiné cinq ans après son frère le président John F. Kennedy en 1968 alors qu'elle était interrogée par le comité éditorial du Sioux Falls Argus sur les appels à son retrait au sein de son propre camp.
"Mon mari (Bill Clinton) n'a pas bouclé la campagne pour l'investiture en 1992 avant d'avoir gagné la primaire en Californie à la mi-juin, n'est-ce pas? Nous nous souvenons tous que Bobby Kennedy a été assassiné en juin en Californie. Vous savez, je ne comprends pas cela", a-t-elle répondu.
L'équipe de campagne de son rival Barack Obama n'a pas tardé à réagir à cette évocation de l'éventualité d'un assassinat pendant la campagne des primaires. "La déclaration de la sénatrice Clinton devant le comité éditorial de l'Argus Leader était malheureuse et n'a pas de place dans cette campagne", a dénoncé le porte-parole du sénateur de l'Illinois Bill Burton.
Le porte-parole de Hillary Clinton Mo Elleithee a assuré que la candidate n'avait cité son époux et Robert Kennedy qu'en tant qu'"exemples dans l'histoire de processus de désignation du candidat se prolongeant jusqu'à l'été". "Toute interprétation allant au-delà serait inexacte et indigne", a-t-elle rétorqué.
Hillary Clinton avait déjà tenu des propos similaires en mars dernier dans une interview au magazine "Time". "Les compétitions des primaires duraient beaucoup plus longtemps avant. Nous nous rappelons tous de la grande tragédie de Bobby Kennedy assassiné en juin à Los Angeles. Mon époux n'a pas assuré sa nomination avant juin, également en Californie. Il n'y a rien d'inhabituel à ce que la course des primaires se prolonge au mois de juin".
La candidate n'a pas attendu longtemps pour s'expliquer elle-même après que ses adversaires eurent attiré l'attention sur ses propos de Sioux Falls. Elle a répété qu'elle faisait référence à son époux et Robert Kennedy pour montrer que "nous avons déjà eu des primaires qui duraient jusqu'en juin". "C'est un fait historique".
"Les Kennedy ont été très présents dans mon esprit ces derniers jours à cause du sénateur Kennedy", a-t-elle ajouté, une allusion au sénateur démocrate Ted Kennedy, dont les Américains ont appris cette semaine qu'il souffrait d'une tumeur maligne au cerveau. Et elle a rappelé qu'elle avait "la plus grande considération pour la famille Kennedy".
Devant le comité éditorial de Sioux Falls, Hillary Clinton avait aussi déclaré qu'il était "sans précédent dans l'histoire" qu'un candidat à l'investiture se voit exhorté dans son camp à se retirer quand ses chances semblent faibles. Or, cela s'est produit plusieurs fois. Le futur candidat républicain John McCain avait lui-même souhaité le retrait de Mike Huckabee il y a trois mois.
Enfin, la sénatrice de New York a évoqué les rumeurs de discussions sur un "ticket" Obama-président et Clinton-vice-présidente lors d'un déplacement à Sioux Falls. "C'est tout simplement faux et je ne l'envisage pas du tout. Je n'ai pas du tout préparé cela et je ne suis pas du tout préparée à m'engager dans cette voie. Je fais encore vigoureusement campagne", a-t-elle lancé.
Hillary Clinton reste loin derrière Barack Obama, qui dispose des soutiens de près de 200 délégués de plus qu'elle (1.970 à 1.779) et ne se trouve plus qu'à 56 délégués de l'investiture (2.026 délégués et superdélégués). Le sénateur noir de l'Illinois a obtenu quatre soutiens supplémentaires vendredi. AP
JOHN MAcCAIN EST EN BONNE SANTE, SELON UN BILAN MEDICAL
OBAMA PRONE LA DIPLOMATIE DIRECTE AVEC LE CUBA
AP - Vendredi 23 mai, 21h28
MIAMI - Le candidat démocrate Barack Obama privilégiera la diplomatie directe avec Cuba et l'Amérique latine s'il est élu à la présidence des Etats-Unis en novembre, a-t-il déclaré vendredi. Il a accusé son adversaire républicain John McCain de faire des promesses vides de contenu à la communauté cubano-américaine.
BUSH ATTAQUE OBAMA
Le candidat à l'investiture démocrate Barack Obama a accusé jeudi le président américain George W. Bush d'avoir lancé une "fausse attaque politique" à son encontre en critiquant ceux qui souhaitent "négocier avec les terroristes et les radicaux".
Le sénateur de l'Illinois a estimé que cette phrase, prononcée par Bush lors d'un discours jeudi devant le Parlement israélien, le visait directement en faisant référence à sa volonté, s'il est élu président, de rencontrer des dirigeants estimés infréquentables par l'administration actuelle, comme ceux de l'Iran.
Bush a déclaré dans ce discours, à l'occasion du 60e anniversaire de la fondation de l'Etat hébreu, que "certains semblent penser que nous devrions négocier avec les terroristes et les radicaux, comme si un argument ingénieux allait les persuader qu'ils ont toujours eu tort". Pour le président américain, une telle démarche se résumerait au "faux confort de l'apaisement, qui a été discrédité par l'histoire à plusieurs reprises".
Malgré les démentis de la Maison Blanche, qui a assuré que les remarques de Bush ne visaient pas Obama, ce dernier a réagi en publiant un communiqué jeudi.
"Il est triste que le président Bush utilise un discours à la Knesset pour le 60e anniversaire de l'indépendance d'Israël pour lancer une fausse attaque politique", pouvait-on y lire.
"George Bush sait que je n'ai jamais soutenu les relations avec les terroristes, et la politisation extraordinaire de la politique étrangère par le président et la politique de la peur n'aident en rien à protéger le peuple américain ou notre allié fidèle, Israël", a estimé Obama. AFP
GRAPHOLOGIE DANS LA CAMPAGNE
WASHINGTON (AFP) - Brillante mais froide, idéaliste mais colérique, charismatique mais mystérieux: tel est le portrait des trois candidats à la Maison Blanche, Hillary Clinton, John McCain et Barack Obama, dressé par des graphologues américains alors que la campagne bat son plein.
Même si aux Etats-Unis la graphologie est moins utilisée qu'en Europe, l'art d'analyser l'écriture intrigue toujours les médias qui, à chaque élection, se prêtent au jeu de l'interprétation graphologique de tels sujets en or.
"Déjà lors des précédentes campagnes, j'ai participé à des émissions. Il y a toujours des amateurs, même s'ils ne prennent pas la graphologie au sérieux. Et c'est dommage, parce que ça marche !", assure Sheila Lowe, graphologue certifiée depuis 40 ans en Californie.
En examinant les seules signatures des trois candidats, les experts interrogés par l'AFP ont déjà beaucoup à dire même si l'autographe ne reflète par principe que l'image publique d'une personne. "C'est la couverture du livre", résume Mme Lowe.
La signature nerveuse du républicain John McCain traduirait ainsi une personnalité fière, idéaliste mais impulsive.
Selon Roger Rubin, graphologue depuis 30 ans, le candidat républicain est capable "d'actions soudaines dans des directions où on ne l'attend pas". "Cela reflète sa nature impulsive et impatiente", ajoute-t-il alors que ses collègues détectent les mêmes traits dans une virgule agressivement tracée à la serpe.
L'élégant mais disproportionné "J" du prénom John indiquerait un fort ego, trait qu'on retrouve dans le puissant "B" de Barack.
"Cela montre que McCain se distancie de ses racines familiales", assure Roger Rubin, qui voit le même penchant chez le sénateur démocrate de l'Illinois.
Chez Obama, l'interprétation de l'étrange "O" barré d'un trait ne fait pas l'unanimité: "il biffe son propre nom de famille !", analyse Roger Rubin, rappelant que le sénateur avait deux ans lorsque son père a quitté le foyer.
"C'est le symbole de la dualité de son monde, à la fois blanc et noir", assure pour sa part Paula Sassi, graphologue professionnelle spécialisée dans le recrutement.
Si la fluidité de l'autographe du candidat démocrate est la marque de sa haute intelligente et de son art de la diplomatie, son manque de lisibilité dénoterait un besoin de protéger sa vie privée. "Il ne veut pas qu'on le connaisse trop bien", résume Arlyn Imberman, auteur de "Signatures for success". D'autres qualifient même sa personnalité d'"opaque".
La prééminence des lettres capitales indiquerait que "sous le velours, il y a acier et pragmatisme", assure la spécialiste des analyses graphologiques de personnalités comme Napoléon, Hitler ou Nixon.
Avec Hillary Clinton et sa signature claire et équilibrée, "il n'y a pas de mystère", assure Sheila Lowe.
La simplification de ses "l" sans boucle serait signe d'un brillant intellect et de son perfectionnisme tandis que la verticalité de l'écriture indiquerait que l'ex-Première dame pense "plus avec sa tête qu'avec son coeur".
La haute seconde barre du "H" de Hillary serait la preuve de son ambition. "Mais il y a suffisamment de rondeurs dans son écriture pour dire qu'elle se préoccupe des gens", estime Mme Imberman. Toutefois, contrairement à l'image donnée par l'écriture de son mari, la candidate manquerait d'"empathie", assurent unanimes les experts.
"Si on ne sait pas qui elle est, il est difficile de dire que c'est une écriture féminine", assure même Mme Imberman.
Curieusement le sexe d'un individu ou le fait qu'il soit droitier ou gaucher est rarement décelable dans l'écriture. Barack Obama et John McCain sont d'ailleurs gauchers, ce qui les rapproche des quatre précédents présidents Gerald Ford, Ronald Reagan, George Bush père et Bill Clinton, mais n'éclaire guère le pronostic électoral.
Barack Obama obtient le soutien de deux nouveaux délégués démocrates
16.05.2008 10:53
L'un d'eux est Henry Waxman, président de la puissante Commission parlementaire du Contrôle et de la Réforme du gouvernement et un des "super délégués" dont la voix sera décisive.
Barack Obama (Reuters)
Barack Obama, le favori de la course démocrate à l'investiture en vue de la présidentielle américaine, a engrangé, jeudi 15 mai, de nouveaux soutiens dont celui du président de la puissante Commission parlementaire du Contrôle et de la Réforme du gouvernement, Henry Waxman.Représentant de Californie, Henry Waxman, juriste rigoureux, est un des parlementaires les plus respectés du Congrès où il siège depuis 1974 et la bête noire de l'administration Bush en raison de ses enquêtes sur la prison d'Abou Ghraib ou les malversations de la société de services à l'industrie pétrolière Halliburton.Un "super délégué"Henry Waxman est un des "super délégués" dont le choix sera décisif dans la désignation du candidat démocrate à la Maison Blanche.Barack Obama a également reçu jeudi le soutien d'un autre Représentant de Californie, Howard Berman, un proche de Henry Waxman.Henry Waxman et Howard Berman sont "tous deux des membres respectés de la communauté juive américaine" a fait remarquer la campagne Obama dans un communiqué annonçant le soutien des deux parlementaires.Le sénateur de l'Illinois a obtenu par ailleurs le soutien du Représentant de l'Etat de Washington Jim McDermott et du président du syndicat des Travailleurs des Communications (CWA) et "super délégué" Larry Cohen. Le CWA revendique 700.000 adhérents.Le syndicat des métallurgistes (USW) qui revendique 1,7 million d'adhérents et soutenait John Edwards, a officiellement apporté son soutien à M. Obama au lendemain du soutien apporté au sénateur de l'Illinois par l'ancien sénateur de Caroline du Nord.Hillary Clinton n'a annoncé aucun nouveau soutien jeudi.Selon le site indépendant RealClearPolitics, M. Obama compte 1.891 délégués contre 1.719 pour Hillary Clinton. Il faut 2.025 délégués pour obtenir l'investiture démocrate.
Hillary Clinton (Reuters)
Hillary Clinton remporte la primaire de Virginie occidentale et poursuit sa campagne
La sénatrice de New York remporte 65% des voix contre seulement 28% pour Barack Obama. Elle reste toutefois derrière son rival en terme de délégués et de super-délégués dans la course à l'investiture démocrate.
Hillary Rodham Clinton a très largement remporté la primaire démocrate de Virginie occidentale mardi 13 mai. Cette victoire n'aura toutefois pas d'heureuses conséquences pour la sénatrice de New York qui reste toujours loin derrière son rival Barack Obama en termes de délégués et de super-délégués qui choisiront le candidat démocrate à l'élection présidentielle de novembre.La candidate à l'investiture démocrate s'est toutefois déclarée "plus déterminée que jamais à poursuivre" sa campagne "jusqu'à ce que chacun ait pu faire entendre sa voix". "Je suis dans cette compétition parce je crois que je suis la candidate la plus solide", a-t-elle déclaré lors de son discours de victoire à Charleston.65% des voix contre 28%Selon des résultats partiels portant sur plus de la moitié des circonscriptions, Hillary Clinton remportait 65% des voix contre seulement 28% pour Barack Obama.Sur les 28 délégués qui étaient en jeu dans l'Etat, Hillary Clinton en a remporté 16, et Barack Obama 7, les cinq autres restant à attribuer.Barack Obama détient 1882,5 délégués contre 1.713 désormais à Hillary Clinton. Il en faut 2.025 pour s'assurer l'investiture lors de la Convention du parti démocrate à Denver en août.A en croire les sondages effectués à la sortie des urnes, la victoire de Mme Clinton en Virginie occidentale pourrait être l'un des plus grands triomphes remportés par l'ancienne première dame des Etats-Unis depuis le début de la campagne pour l'investiture démocrate. L'électorat de Virginie occidentale, majoritairement blanc, présente des caractéristiques similaires à ceux d'autres Etats qui ont soutenu Hillary Clinton lors des primaires précédentes.Electorat ouvrierEn effet, près d'un quart des électeurs y sont âgés de plus de 60 ans et la même proportion n'a pas fait d'études supérieures. Plus de la moitié des électeurs vivent au sein de familles dont les revenus n'excèdent pas 50.000 dollars (32.322 euros) par an.Les collaborateurs d'Hillary Clinton ont insisté sur la popularité de leur candidate parmi l'électorat ouvrier -déjà démontrée lors des primaires de l'Ohio, de Pennsylvanie et de l'Indiana- qui, selon eux, fait de la sénatrice de New York la candidate la plus sûre du Parti démocrate en vue de l'élection présidentielle de novembre.Pas de conclusions hâtivesAvant même la fermeture des bureaux de vote, le porte-parole d'Hillary Clinton, Mo Elleithee a souligné que le résultat de cette primaire démontre que les électeurs "ne veulent pas qu'on leur dise que c'est plié. La population de Virginie occidentale refuse les conclusions hâtives. Ils ont envoyé un message très clair ce soir pour dire qu'Hillary Clinton est la meilleure personne pour affronter John McCain" lors de la présidentielle de novembre.Hillary Clinton doit rencontrer mercredi des super-délégués, ces membres du parti démocrate et responsables élus qui pourront voter pour le candidat de leur choix lors de la convention du parti démocrate. Or, aucun candidat ne peut décrocher l'investiture uniquement avec le vote des Etats, c'est pourquoi le soutien de ces super-délégués est essentiel. Sur les 800 super-délégués, plus de 200 n'ont toujours pas dit qui, de Barack Obama ou d'Hillary Clinton ils soutiendraient. (AP)
SONDAGE (MAI)
Sondage : Obama et Clinton distanceraient McCain
Barack Obama, désormais quasiment assuré d'obtenir l'investiture démocrate, l'emporterait avec 51% des voix contre 44% à John McCain. Sa rivale Hillary Clinton gagnerait avec 49% des voix contre 46% pour John McCain.
Les deux prétendants à l'investiture démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, l'emporteraient face au candidat républicain John McCain si l'élection avait lieu aujourd'hui, selon un sondage Washington Post/ABC News publié mardi 13 mai.Barack Obama, désormais quasiment assuré d'obtenir l'investiture démocrate, l'emporterait avec 51% des voix contre 44% à John McCain. Sa rivale Hillary Clinton gagnerait avec 49% des voix contre 46% pour John McCain (mais pour être élu à la présidence, il faut remporter une majorité des grands électeurs désignés dans chaque Etat, et non pas une majorité du vote populaire).Les sondés sont 66% à désapprouver la manière dont George W. Bush remplit sa fonction de président, contre 31% qui l'approuvent, et 53% pensent que les démocrates sont plus à même de régler les problèmes contre 32% qui pensent que ce sont les républicains.McCain jugé plus expérimentéParmi les personnes interrogées, 64% estiment que Hillary Clinton doit rester dans la course - alors même qu'elle est largement distancée par Barack Obama - et 35% qu'elle doit abandonner.Les personnes interrogées jugent que Barack Obama est mieux à même que John McCain de s'atteler à une majorité de dossier, en particulier l'assurance-santé (55% contre 31%), le prix de l'essence (48% contre 28%) ou l'économie (48% contre 38%). L'avantage du sénateur de Chicago n'est que d'un point pour la guerre en Irak (46% contre 45% pour McCain) et le sénateur de l'Arizona est jugé plus compétent pour mener la campagne contre le terrorisme (55% contre 34% pour Obama).Les sondés estiment que McCain a une meilleure expérience pour devenir président (71% contre 18% qui pensent que c'est Obama). En revanche, c'est Obama qui incarne le plus le changement (59% contre 29%).- Sondage réalisé par téléphone du 8 au 11 mai auprès d'un échantillon de 1.122 adultes avec une marge d'erreur de plus ou moins trois points.
CALENDRIER
JANVIER
3 janvier: Début des primaires démocrate et républicaine avec le caucus de l'Iowa.
5 janvier: Caucus républicain du Wyoming.
8 janvier: Primaires démocrate et républicaine du New Hampshire.
15 janvier: Primaire républicaine du Michigan.
19 janvier: Caucus démocrate et républicain du Nevada. Primaire républicaine en Caroline du Sud.
26 janvier: Primaire démocrate en Caroline du Sud.
29 janvier: Primaires démocrate et républicaine en Floride.
FEVRIER
1er février: Primaire républicaine dans le Maine.
5 février: Super Tuesday. Elections dans 22 Etats pour les démocrates (ainsi que pour les expatriés) et 21 pour les républicains. Alabama, Alaska, Arizona, Arkansas, Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Géorgie, Idaho (D), Illinois, Kansas (D), Massachusetts, Minnesota, Missouri, Montana (R), New Jersey, Nouveau-Mexique (D), New York, Dakota du Nord, Oklahoma, Tennessee, Utah, Virginie occidentale (R). Le candidat de chaque camp pourrait être connu après ces résultats.
9 février: Primaire républicaine en Louisiane, au Kansas. Primaire démocrate au Nebraska. Primaires républicaine et démocrate dans l'Etat de Washington.
10 février: Primaire démocrate dans le Maine.
12 février: Primaires démocrate et républicaine dans le District of Columbia, le Maryland et la Virginie.
19 février: Primaire démocrate à Hawaï. Primaires démocrate et républicaine dans l'Etat du Wisconsin.
MARS
4 mars: Primaires républicaine et démocrate en Ohio, à Rhode Island, au Texas et dans le Vermont.
8 mars: Primaire démocrate dans le Wyoming.11 mars: Primaires démocrate et républicaine au Mississippi.
AVRIL
22 avril: Primaires démocrate et républicaine en Pennsylvanie.
MAI
6 mai: Primaires démocrate et républicaine en Caroline du Nord et dans l'Indiana.
13 mai: Primaire républicaine au Nebraska et primaire démocrate en Virginie occidentale.
20 mai: Primaires démocrate et républicaine au Kentucky et en Oregon.
27 mai: Primaire républicaine dans l'Idaho.
JUIN
3 juin: Primaires démocrate et républicaine au Dakota du Sud, démocrate dans le Montana et républicaine au Nouveau-Mexique.
AOUT
25 au 28 août: Convention nationale du parti démocrate à Denver (Colorado). Désignation du candidat du parti démocrate.
SEPTEMBRE
1er au 4 septembre: Convention nationale du parti républicain à Minneapolis-St. Paul (Minnesota). Désignation du candidat du parti républicain.
NOVEMBRE
4 novembre: "Election Day", élection au suffrage universel. Tous les citoyens américains âgés de plus de 18 ans peuvent voter pour élire leurs candidat. Celui qui gagne l'élection à la majorité relative remporte tous les grands électeurs de l'Etat.
DECEMBRE
Les 538 électeurs se réunissent pour élire le président et son vice-président. Le candidat doit obtenir la majorité absolue pour être élu.
A. CANDIDATS
DEMOCRATES
1. HILLARY CLINTON
2. BARACK OBAMA
REPUBLICAINS
1. JOHN MAcCAIN
B. RESULTATS
DEMOCRATES
OBAMA
CLINTON
REPUBLICAINS
MAcCAIN
C. PROCHAINES ETAPES
PUERTO RICO
DAKOTA DU SUD
MONTANA
D. DEPECHES
Hillary Clinton s'excuse après avoir invoqué l'assassinat de Bobby Kennedy pour justifier son maintien
Par Devlin Barrett AP - Samedi 24 mai, 09h43
SIOUX FALLS, South Dakota - Hillary Clinton a réaffirmé vendredi qu'elle restait en lice pour l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre et écarté l'idée de briguer la vice-présidence aux côtés de Barack Obama. Mais la sénatrice de New York a aussi dû présenter rapidement ses excuses, après avoir invoqué l'assassinat de Bobby Kennedy pour justifier son maintien.
"Je regrette si ma référence à ce moment traumatisant pour notre pays tout entier -et en particulier pour la famille Kennedy- a blessé de quelque façon que ce soit. Je n'en avais certainement pas l'intention", a-t-elle rectifié.
En campagne à Sioux Falls, avant la primaire du 3 juin prochain dans le Dakota du Sud, Hillary Clinton a mentionné Robert F. Kennedy, assassiné cinq ans après son frère le président John F. Kennedy en 1968 alors qu'elle était interrogée par le comité éditorial du Sioux Falls Argus sur les appels à son retrait au sein de son propre camp.
"Mon mari (Bill Clinton) n'a pas bouclé la campagne pour l'investiture en 1992 avant d'avoir gagné la primaire en Californie à la mi-juin, n'est-ce pas? Nous nous souvenons tous que Bobby Kennedy a été assassiné en juin en Californie. Vous savez, je ne comprends pas cela", a-t-elle répondu.
L'équipe de campagne de son rival Barack Obama n'a pas tardé à réagir à cette évocation de l'éventualité d'un assassinat pendant la campagne des primaires. "La déclaration de la sénatrice Clinton devant le comité éditorial de l'Argus Leader était malheureuse et n'a pas de place dans cette campagne", a dénoncé le porte-parole du sénateur de l'Illinois Bill Burton.
Le porte-parole de Hillary Clinton Mo Elleithee a assuré que la candidate n'avait cité son époux et Robert Kennedy qu'en tant qu'"exemples dans l'histoire de processus de désignation du candidat se prolongeant jusqu'à l'été". "Toute interprétation allant au-delà serait inexacte et indigne", a-t-elle rétorqué.
Hillary Clinton avait déjà tenu des propos similaires en mars dernier dans une interview au magazine "Time". "Les compétitions des primaires duraient beaucoup plus longtemps avant. Nous nous rappelons tous de la grande tragédie de Bobby Kennedy assassiné en juin à Los Angeles. Mon époux n'a pas assuré sa nomination avant juin, également en Californie. Il n'y a rien d'inhabituel à ce que la course des primaires se prolonge au mois de juin".
La candidate n'a pas attendu longtemps pour s'expliquer elle-même après que ses adversaires eurent attiré l'attention sur ses propos de Sioux Falls. Elle a répété qu'elle faisait référence à son époux et Robert Kennedy pour montrer que "nous avons déjà eu des primaires qui duraient jusqu'en juin". "C'est un fait historique".
"Les Kennedy ont été très présents dans mon esprit ces derniers jours à cause du sénateur Kennedy", a-t-elle ajouté, une allusion au sénateur démocrate Ted Kennedy, dont les Américains ont appris cette semaine qu'il souffrait d'une tumeur maligne au cerveau. Et elle a rappelé qu'elle avait "la plus grande considération pour la famille Kennedy".
Devant le comité éditorial de Sioux Falls, Hillary Clinton avait aussi déclaré qu'il était "sans précédent dans l'histoire" qu'un candidat à l'investiture se voit exhorté dans son camp à se retirer quand ses chances semblent faibles. Or, cela s'est produit plusieurs fois. Le futur candidat républicain John McCain avait lui-même souhaité le retrait de Mike Huckabee il y a trois mois.
Enfin, la sénatrice de New York a évoqué les rumeurs de discussions sur un "ticket" Obama-président et Clinton-vice-présidente lors d'un déplacement à Sioux Falls. "C'est tout simplement faux et je ne l'envisage pas du tout. Je n'ai pas du tout préparé cela et je ne suis pas du tout préparée à m'engager dans cette voie. Je fais encore vigoureusement campagne", a-t-elle lancé.
Hillary Clinton reste loin derrière Barack Obama, qui dispose des soutiens de près de 200 délégués de plus qu'elle (1.970 à 1.779) et ne se trouve plus qu'à 56 délégués de l'investiture (2.026 délégués et superdélégués). Le sénateur noir de l'Illinois a obtenu quatre soutiens supplémentaires vendredi. AP
JOHN MAcCAIN EST EN BONNE SANTE, SELON UN BILAN MEDICAL
OBAMA PRONE LA DIPLOMATIE DIRECTE AVEC LE CUBA
AP - Vendredi 23 mai, 21h28
MIAMI - Le candidat démocrate Barack Obama privilégiera la diplomatie directe avec Cuba et l'Amérique latine s'il est élu à la présidence des Etats-Unis en novembre, a-t-il déclaré vendredi. Il a accusé son adversaire républicain John McCain de faire des promesses vides de contenu à la communauté cubano-américaine.
BUSH ATTAQUE OBAMA
Le candidat à l'investiture démocrate Barack Obama a accusé jeudi le président américain George W. Bush d'avoir lancé une "fausse attaque politique" à son encontre en critiquant ceux qui souhaitent "négocier avec les terroristes et les radicaux".
Le sénateur de l'Illinois a estimé que cette phrase, prononcée par Bush lors d'un discours jeudi devant le Parlement israélien, le visait directement en faisant référence à sa volonté, s'il est élu président, de rencontrer des dirigeants estimés infréquentables par l'administration actuelle, comme ceux de l'Iran.
Bush a déclaré dans ce discours, à l'occasion du 60e anniversaire de la fondation de l'Etat hébreu, que "certains semblent penser que nous devrions négocier avec les terroristes et les radicaux, comme si un argument ingénieux allait les persuader qu'ils ont toujours eu tort". Pour le président américain, une telle démarche se résumerait au "faux confort de l'apaisement, qui a été discrédité par l'histoire à plusieurs reprises".
Malgré les démentis de la Maison Blanche, qui a assuré que les remarques de Bush ne visaient pas Obama, ce dernier a réagi en publiant un communiqué jeudi.
"Il est triste que le président Bush utilise un discours à la Knesset pour le 60e anniversaire de l'indépendance d'Israël pour lancer une fausse attaque politique", pouvait-on y lire.
"George Bush sait que je n'ai jamais soutenu les relations avec les terroristes, et la politisation extraordinaire de la politique étrangère par le président et la politique de la peur n'aident en rien à protéger le peuple américain ou notre allié fidèle, Israël", a estimé Obama. AFP
GRAPHOLOGIE DANS LA CAMPAGNE
WASHINGTON (AFP) - Brillante mais froide, idéaliste mais colérique, charismatique mais mystérieux: tel est le portrait des trois candidats à la Maison Blanche, Hillary Clinton, John McCain et Barack Obama, dressé par des graphologues américains alors que la campagne bat son plein.
Même si aux Etats-Unis la graphologie est moins utilisée qu'en Europe, l'art d'analyser l'écriture intrigue toujours les médias qui, à chaque élection, se prêtent au jeu de l'interprétation graphologique de tels sujets en or.
"Déjà lors des précédentes campagnes, j'ai participé à des émissions. Il y a toujours des amateurs, même s'ils ne prennent pas la graphologie au sérieux. Et c'est dommage, parce que ça marche !", assure Sheila Lowe, graphologue certifiée depuis 40 ans en Californie.
En examinant les seules signatures des trois candidats, les experts interrogés par l'AFP ont déjà beaucoup à dire même si l'autographe ne reflète par principe que l'image publique d'une personne. "C'est la couverture du livre", résume Mme Lowe.
La signature nerveuse du républicain John McCain traduirait ainsi une personnalité fière, idéaliste mais impulsive.
Selon Roger Rubin, graphologue depuis 30 ans, le candidat républicain est capable "d'actions soudaines dans des directions où on ne l'attend pas". "Cela reflète sa nature impulsive et impatiente", ajoute-t-il alors que ses collègues détectent les mêmes traits dans une virgule agressivement tracée à la serpe.
L'élégant mais disproportionné "J" du prénom John indiquerait un fort ego, trait qu'on retrouve dans le puissant "B" de Barack.
"Cela montre que McCain se distancie de ses racines familiales", assure Roger Rubin, qui voit le même penchant chez le sénateur démocrate de l'Illinois.
Chez Obama, l'interprétation de l'étrange "O" barré d'un trait ne fait pas l'unanimité: "il biffe son propre nom de famille !", analyse Roger Rubin, rappelant que le sénateur avait deux ans lorsque son père a quitté le foyer.
"C'est le symbole de la dualité de son monde, à la fois blanc et noir", assure pour sa part Paula Sassi, graphologue professionnelle spécialisée dans le recrutement.
Si la fluidité de l'autographe du candidat démocrate est la marque de sa haute intelligente et de son art de la diplomatie, son manque de lisibilité dénoterait un besoin de protéger sa vie privée. "Il ne veut pas qu'on le connaisse trop bien", résume Arlyn Imberman, auteur de "Signatures for success". D'autres qualifient même sa personnalité d'"opaque".
La prééminence des lettres capitales indiquerait que "sous le velours, il y a acier et pragmatisme", assure la spécialiste des analyses graphologiques de personnalités comme Napoléon, Hitler ou Nixon.
Avec Hillary Clinton et sa signature claire et équilibrée, "il n'y a pas de mystère", assure Sheila Lowe.
La simplification de ses "l" sans boucle serait signe d'un brillant intellect et de son perfectionnisme tandis que la verticalité de l'écriture indiquerait que l'ex-Première dame pense "plus avec sa tête qu'avec son coeur".
La haute seconde barre du "H" de Hillary serait la preuve de son ambition. "Mais il y a suffisamment de rondeurs dans son écriture pour dire qu'elle se préoccupe des gens", estime Mme Imberman. Toutefois, contrairement à l'image donnée par l'écriture de son mari, la candidate manquerait d'"empathie", assurent unanimes les experts.
"Si on ne sait pas qui elle est, il est difficile de dire que c'est une écriture féminine", assure même Mme Imberman.
Curieusement le sexe d'un individu ou le fait qu'il soit droitier ou gaucher est rarement décelable dans l'écriture. Barack Obama et John McCain sont d'ailleurs gauchers, ce qui les rapproche des quatre précédents présidents Gerald Ford, Ronald Reagan, George Bush père et Bill Clinton, mais n'éclaire guère le pronostic électoral.
Barack Obama obtient le soutien de deux nouveaux délégués démocrates
16.05.2008 10:53
L'un d'eux est Henry Waxman, président de la puissante Commission parlementaire du Contrôle et de la Réforme du gouvernement et un des "super délégués" dont la voix sera décisive.
Barack Obama (Reuters)
Barack Obama, le favori de la course démocrate à l'investiture en vue de la présidentielle américaine, a engrangé, jeudi 15 mai, de nouveaux soutiens dont celui du président de la puissante Commission parlementaire du Contrôle et de la Réforme du gouvernement, Henry Waxman.Représentant de Californie, Henry Waxman, juriste rigoureux, est un des parlementaires les plus respectés du Congrès où il siège depuis 1974 et la bête noire de l'administration Bush en raison de ses enquêtes sur la prison d'Abou Ghraib ou les malversations de la société de services à l'industrie pétrolière Halliburton.Un "super délégué"Henry Waxman est un des "super délégués" dont le choix sera décisif dans la désignation du candidat démocrate à la Maison Blanche.Barack Obama a également reçu jeudi le soutien d'un autre Représentant de Californie, Howard Berman, un proche de Henry Waxman.Henry Waxman et Howard Berman sont "tous deux des membres respectés de la communauté juive américaine" a fait remarquer la campagne Obama dans un communiqué annonçant le soutien des deux parlementaires.Le sénateur de l'Illinois a obtenu par ailleurs le soutien du Représentant de l'Etat de Washington Jim McDermott et du président du syndicat des Travailleurs des Communications (CWA) et "super délégué" Larry Cohen. Le CWA revendique 700.000 adhérents.Le syndicat des métallurgistes (USW) qui revendique 1,7 million d'adhérents et soutenait John Edwards, a officiellement apporté son soutien à M. Obama au lendemain du soutien apporté au sénateur de l'Illinois par l'ancien sénateur de Caroline du Nord.Hillary Clinton n'a annoncé aucun nouveau soutien jeudi.Selon le site indépendant RealClearPolitics, M. Obama compte 1.891 délégués contre 1.719 pour Hillary Clinton. Il faut 2.025 délégués pour obtenir l'investiture démocrate.
Hillary Clinton (Reuters)
Hillary Clinton remporte la primaire de Virginie occidentale et poursuit sa campagne
La sénatrice de New York remporte 65% des voix contre seulement 28% pour Barack Obama. Elle reste toutefois derrière son rival en terme de délégués et de super-délégués dans la course à l'investiture démocrate.
Hillary Rodham Clinton a très largement remporté la primaire démocrate de Virginie occidentale mardi 13 mai. Cette victoire n'aura toutefois pas d'heureuses conséquences pour la sénatrice de New York qui reste toujours loin derrière son rival Barack Obama en termes de délégués et de super-délégués qui choisiront le candidat démocrate à l'élection présidentielle de novembre.La candidate à l'investiture démocrate s'est toutefois déclarée "plus déterminée que jamais à poursuivre" sa campagne "jusqu'à ce que chacun ait pu faire entendre sa voix". "Je suis dans cette compétition parce je crois que je suis la candidate la plus solide", a-t-elle déclaré lors de son discours de victoire à Charleston.65% des voix contre 28%Selon des résultats partiels portant sur plus de la moitié des circonscriptions, Hillary Clinton remportait 65% des voix contre seulement 28% pour Barack Obama.Sur les 28 délégués qui étaient en jeu dans l'Etat, Hillary Clinton en a remporté 16, et Barack Obama 7, les cinq autres restant à attribuer.Barack Obama détient 1882,5 délégués contre 1.713 désormais à Hillary Clinton. Il en faut 2.025 pour s'assurer l'investiture lors de la Convention du parti démocrate à Denver en août.A en croire les sondages effectués à la sortie des urnes, la victoire de Mme Clinton en Virginie occidentale pourrait être l'un des plus grands triomphes remportés par l'ancienne première dame des Etats-Unis depuis le début de la campagne pour l'investiture démocrate. L'électorat de Virginie occidentale, majoritairement blanc, présente des caractéristiques similaires à ceux d'autres Etats qui ont soutenu Hillary Clinton lors des primaires précédentes.Electorat ouvrierEn effet, près d'un quart des électeurs y sont âgés de plus de 60 ans et la même proportion n'a pas fait d'études supérieures. Plus de la moitié des électeurs vivent au sein de familles dont les revenus n'excèdent pas 50.000 dollars (32.322 euros) par an.Les collaborateurs d'Hillary Clinton ont insisté sur la popularité de leur candidate parmi l'électorat ouvrier -déjà démontrée lors des primaires de l'Ohio, de Pennsylvanie et de l'Indiana- qui, selon eux, fait de la sénatrice de New York la candidate la plus sûre du Parti démocrate en vue de l'élection présidentielle de novembre.Pas de conclusions hâtivesAvant même la fermeture des bureaux de vote, le porte-parole d'Hillary Clinton, Mo Elleithee a souligné que le résultat de cette primaire démontre que les électeurs "ne veulent pas qu'on leur dise que c'est plié. La population de Virginie occidentale refuse les conclusions hâtives. Ils ont envoyé un message très clair ce soir pour dire qu'Hillary Clinton est la meilleure personne pour affronter John McCain" lors de la présidentielle de novembre.Hillary Clinton doit rencontrer mercredi des super-délégués, ces membres du parti démocrate et responsables élus qui pourront voter pour le candidat de leur choix lors de la convention du parti démocrate. Or, aucun candidat ne peut décrocher l'investiture uniquement avec le vote des Etats, c'est pourquoi le soutien de ces super-délégués est essentiel. Sur les 800 super-délégués, plus de 200 n'ont toujours pas dit qui, de Barack Obama ou d'Hillary Clinton ils soutiendraient. (AP)
SONDAGE (MAI)
Sondage : Obama et Clinton distanceraient McCain
Barack Obama, désormais quasiment assuré d'obtenir l'investiture démocrate, l'emporterait avec 51% des voix contre 44% à John McCain. Sa rivale Hillary Clinton gagnerait avec 49% des voix contre 46% pour John McCain.
Les deux prétendants à l'investiture démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, l'emporteraient face au candidat républicain John McCain si l'élection avait lieu aujourd'hui, selon un sondage Washington Post/ABC News publié mardi 13 mai.Barack Obama, désormais quasiment assuré d'obtenir l'investiture démocrate, l'emporterait avec 51% des voix contre 44% à John McCain. Sa rivale Hillary Clinton gagnerait avec 49% des voix contre 46% pour John McCain (mais pour être élu à la présidence, il faut remporter une majorité des grands électeurs désignés dans chaque Etat, et non pas une majorité du vote populaire).Les sondés sont 66% à désapprouver la manière dont George W. Bush remplit sa fonction de président, contre 31% qui l'approuvent, et 53% pensent que les démocrates sont plus à même de régler les problèmes contre 32% qui pensent que ce sont les républicains.McCain jugé plus expérimentéParmi les personnes interrogées, 64% estiment que Hillary Clinton doit rester dans la course - alors même qu'elle est largement distancée par Barack Obama - et 35% qu'elle doit abandonner.Les personnes interrogées jugent que Barack Obama est mieux à même que John McCain de s'atteler à une majorité de dossier, en particulier l'assurance-santé (55% contre 31%), le prix de l'essence (48% contre 28%) ou l'économie (48% contre 38%). L'avantage du sénateur de Chicago n'est que d'un point pour la guerre en Irak (46% contre 45% pour McCain) et le sénateur de l'Arizona est jugé plus compétent pour mener la campagne contre le terrorisme (55% contre 34% pour Obama).Les sondés estiment que McCain a une meilleure expérience pour devenir président (71% contre 18% qui pensent que c'est Obama). En revanche, c'est Obama qui incarne le plus le changement (59% contre 29%).- Sondage réalisé par téléphone du 8 au 11 mai auprès d'un échantillon de 1.122 adultes avec une marge d'erreur de plus ou moins trois points.
CALENDRIER
JANVIER
3 janvier: Début des primaires démocrate et républicaine avec le caucus de l'Iowa.
5 janvier: Caucus républicain du Wyoming.
8 janvier: Primaires démocrate et républicaine du New Hampshire.
15 janvier: Primaire républicaine du Michigan.
19 janvier: Caucus démocrate et républicain du Nevada. Primaire républicaine en Caroline du Sud.
26 janvier: Primaire démocrate en Caroline du Sud.
29 janvier: Primaires démocrate et républicaine en Floride.
FEVRIER
1er février: Primaire républicaine dans le Maine.
5 février: Super Tuesday. Elections dans 22 Etats pour les démocrates (ainsi que pour les expatriés) et 21 pour les républicains. Alabama, Alaska, Arizona, Arkansas, Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Géorgie, Idaho (D), Illinois, Kansas (D), Massachusetts, Minnesota, Missouri, Montana (R), New Jersey, Nouveau-Mexique (D), New York, Dakota du Nord, Oklahoma, Tennessee, Utah, Virginie occidentale (R). Le candidat de chaque camp pourrait être connu après ces résultats.
9 février: Primaire républicaine en Louisiane, au Kansas. Primaire démocrate au Nebraska. Primaires républicaine et démocrate dans l'Etat de Washington.
10 février: Primaire démocrate dans le Maine.
12 février: Primaires démocrate et républicaine dans le District of Columbia, le Maryland et la Virginie.
19 février: Primaire démocrate à Hawaï. Primaires démocrate et républicaine dans l'Etat du Wisconsin.
MARS
4 mars: Primaires républicaine et démocrate en Ohio, à Rhode Island, au Texas et dans le Vermont.
8 mars: Primaire démocrate dans le Wyoming.11 mars: Primaires démocrate et républicaine au Mississippi.
AVRIL
22 avril: Primaires démocrate et républicaine en Pennsylvanie.
MAI
6 mai: Primaires démocrate et républicaine en Caroline du Nord et dans l'Indiana.
13 mai: Primaire républicaine au Nebraska et primaire démocrate en Virginie occidentale.
20 mai: Primaires démocrate et républicaine au Kentucky et en Oregon.
27 mai: Primaire républicaine dans l'Idaho.
JUIN
3 juin: Primaires démocrate et républicaine au Dakota du Sud, démocrate dans le Montana et républicaine au Nouveau-Mexique.
AOUT
25 au 28 août: Convention nationale du parti démocrate à Denver (Colorado). Désignation du candidat du parti démocrate.
SEPTEMBRE
1er au 4 septembre: Convention nationale du parti républicain à Minneapolis-St. Paul (Minnesota). Désignation du candidat du parti républicain.
NOVEMBRE
4 novembre: "Election Day", élection au suffrage universel. Tous les citoyens américains âgés de plus de 18 ans peuvent voter pour élire leurs candidat. Celui qui gagne l'élection à la majorité relative remporte tous les grands électeurs de l'Etat.
DECEMBRE
Les 538 électeurs se réunissent pour élire le président et son vice-président. Le candidat doit obtenir la majorité absolue pour être élu.
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